bedMATE du mois #32 : Berry Dijkstra

Chaque mois, nous rendons visite à une personnalité créative et inspirante. C'est notre 'bedMATE du mois'.

Le traversin bedMATE est la pièce la plus emblématique de notre collection. Ce traversin extra-long sert de tête de lit, mais aussi de compagnon réconfortant, un allié qui apporte du soutien.

Nous nous invitons dans la chambre du 'bedMATE du mois'. Nous découvrons son intérieur et ses pièces hautes en couleur. Au fil de la conversation, nous découvrons sa vision de the SUITE life. Que se passe-t-il dans sa tête ? Où puise-t-il son inspiration ? Et de quelle couleur rêve-t-il ?

Cette série existe maintenant depuis trois ans. Après de nombreuses visites chez des créatifs néerlandais et belges, nous partons cette fois sous le soleil d'Espagne, à Valence. C'est là que vit et travaille l'artiste de composition Berry Dijkstra. Une grande première : nous n'étions pas sur place cette fois-ci – Berry s'est photographié lui-même. Nous sommes fans depuis des années de ses installations, au sein desquelles il vit littéralement.

Je vis à Valence dans un appartement espagnol classique avec un sol en mosaïque, de hauts plafonds et des détails d'époque. Quand j'ai reçu les clés, il était rempli de meubles ; je les ai rangés dans une pièce attenante pour pouvoir installer mes propres affaires et en faire véritablement mon chez-moi. J'aime être entouré de ma propre collection, cela me rassure et constitue une base essentielle pour ma photographie et mon travail.

Au quotidien, je travaille comme artiste de composition. Je crée des installations éphémères de mobilier, en détournant des objets fonctionnels de leur rôle initial pour les utiliser comme des blocs de construction. L'accent est mis sur la forme, la couleur, la matière et les dialogues qui naissent de ces nouvelles combinaisons. Je travaille sur commande pour des boutiques, des marques et des galeries, et j'organise également des expositions de design
où j'offre une visibilité à de jeunes designers.

J'ai étudié la communication, puis j'ai travaillé comme graphiste. J'ai ensuite fait la transition vers l'architecture d'intérieur. Dans ce domaine, tout tourne autour de la fonctionnalité, et c'est précisément en réaction à cela que j'ai commencé, pendant mon temps libre, à expérimenter avec ma collection personnelle : basculer des objets, les empiler et les combiner pour composer des installations éphémères de mobilier, guidé uniquement par la forme, la couleur et la matière. Je photographiais ces compositions de face et au ras du sol, puis je les partageais sur Instagram. C'est ainsi que mon travail actuel a vu le jour, étape par étape.

J'ai été invité par le Wonder Festival à Courtrai pour concevoir une installation de mobilier avec des pièces d'entreprises de la région de Courtrai, complétée par des créations de designers. Compte tenu de la
taille de l'espace, une ancienne salle de classe, ce sera une installation au sein de laquelle les visiteurs pourront déambuler.

De plus, comme l'année dernière pendant la Valencia Design Week fin septembre, je vais ouvrir les portes de mon appartement aux passionnés. Le concept est living with design et j'invite des designers et des marques locales / espagnoles à exposer des créations au sein de ma collection, afin de faire naître un dialogue… et un excellent prétexte pour déboucher du cava !

Que trouve-t-on sur votre liste d'envies déco ?
Art Deco on my mind ! Ce courant célèbre cette année son centenaire, et je suis fasciné depuis longtemps par ce mouvement qui mêle de multiples influences, mais où le
savoir-faire artisanal et la technologie se rencontrent pour la toute première fois. Ce jeu entre
lignes épurées et place laissée à l'ornement.


Pouvez-vous nous parler de votre endroit préféré chez vous ?
Le lit ! Pas pour vous flatter, mais je trouve le lit idéal pour lire, rêvasser, regarder des films et dormir, of course. Dans mon appartement actuel à Valence, toutes les pièces sont en enfilade, ce qui fait que les chambres sont visibles sous tous les angles et s'ouvrent sur le salon et la salle à manger ; passer de la salle à manger au lit paraît tout à fait naturel.

Avez-vous un architecte préféré ?
J'ai redécouvert Sybold van Ravesteyn, connu notamment pour le zoo Diergaarde Blijdorp. Ce qui me touche à nouveau énormément dans son œuvre, c'est qu'en partant de la Nouvelle Objectivité, qui recherchait la forme pure (sans ornement ni décoration), il a développé un style atypique pour les Pays-Bas en ajoutant des lignes ondulées, des murs enduits, des ornements et des fioritures. J'y vois une affinité avec mon travail : faire se rencontrer des univers différents, avec toujours cette base minimaliste en fondement.

Comment décririez-vous votre style d'intérieur ?
Plein de contrastes. Tout comme dans mon travail, j'aime combiner différents univers, différentes époques et la
couleur. Je ne me préoccupe jamais vraiment de ce dont j'ai besoin, mais plutôt de ce qui me fait plaisir,
même si je m'impose une politique d'achat stricte. J'envisage mon intérieur comme une collection et
un recueil de souvenirs ; chaque meuble, objet ou pièce a une histoire que je peux relier à un moment ou à une période de ma vie. Grâce à mon travail, je découvre sans cesse de nouvelles créations et j'achète souvent des pièces à un designer avec lequel j'ai collaboré pour un shooting ou une exposition. Comme un souvenir tangible et un coup de pouce pour le créateur. Avec mon travail, ne serait-ce qu'à une échelle minuscule, je soutiens les designers, et d'un autre côté, je veux montrer aux gens combien il est important d'acheter local.


Quelle est votre association de couleurs préférée ? Et pourquoi ?
Blue for the win. Grisé pour les murs et plus proche du bleu Yves Klein pour le mobilier. Le bleu s'associe si facilement avec d'autres couleurs. Associez un vert vif à un bleu grisé, ou un marron profond à un bleu. It works.

Quel objet chez vous en dit long sur vous ?
Je ne peux pas réduire cela à 1 seul objet, mais en observant la collection, toutes les créations se rejoignent par leur qualité, leurs finitions et le choix des matières.

Où rêveriez-vous de dormir un jour ?
Casa Axis ! Une villa space age de 1975, juste aux portes de la ville de Valence. Elle a été conçue par les autodidactes Antonio Segura et Pascual Genoves. La pièce maîtresse est une piscine intérieure dans
le salon !

Comment utilisez-vous le traversin bedMATE ? (compagnon de canapé ? grossesse ? complice de câlins ?)
Pour le côté chaleureux et de façon très pratique comme soutien dorsal ou comme oreiller, je le transporte entre les deux lits de mon appartement.

Quel est l'indispensable sur votre table de chevet ?
Un livre, un verre d'eau, des bouchons d'oreilles, un réveil, mais il s'agit surtout de ce que je refuse absolument sur ma table de chevet : mon smartphone.

Quel est votre plus grand rêve professionnel ?
Avoir carte blanche et libre accès à toutes les œuvres conservées dans les réserves d'un musée (si vous me lisez…) pour y composer une installation. Il ne s'agirait plus du contexte ni de l'histoire de chaque objet pris isolément, mais de la manière dont les œuvres dialoguent entre elles par leur seule présence visuelle.

Votre film/livre/chanson préféré ?
J'ai récemment découvert l'œuvre de Peter Greenaway. Un soir au hasard, j'ai vu passer sur Mubi le titre « A zed & two noughts ». Le photogramme : une femme assise dans un lit, entourée de deux hommes nus dans un décor à la symétrie parfaite, was all I needed to click “watch”. Le film est une expérience visuelle, en grande partie tournée au zoo Diergaarde Blijdorp de Ravesteyn (d'où le titre du film), au fil de laquelle se déroule une histoire absurde pleine de
symboles, d'une bande-son sublime, d'une scénographie remarquable et d'une photographie soignée.


Quel en-cas avez-vous toujours chez vous ?
J'ai toujours des cornichons et du kéfir à la maison, même si je ne considère pas vraiment cela comme un en-cas. Je préfère acheter des produits frais au mercat local et, parfois, je descends en courant quelques minutes avant la fermeture du supermarché pour des chips de banane ou des jelly kisses.


Comment vous détendez-vous ?
J'ai la plage et la mer à deux pas, ainsi qu'un parc de 8 km qui traverse toute la ville, so I'm good.

Que vouliez-vous faire quand vous étiez enfant ?
Architecte ! Ma mère me l'a rappelé récemment. Je dessinais tout le temps des villes et
surtout des tours, avec des dragons en plus. Je ne suis jamais devenu architecte, mais quand j'observe
mes installations de plus près, j'y retrouve des paysages urbains. Un collage de volumes, de formes qui composent une ligne d'horizon. Par ailleurs, l'architecture et l'urbanisme occupent une place importante dans ma vie en tant que passion. J'aime tout simplement la ville et la manière dont toutes les fonctions se croisent, dont les époques se superposent, sans oublier les frictions et le chaos, que l'on peut aussi
retrouver en écho dans mon travail.