bedMATE du mois #28 : May Kaan
Chaque mois, nous rendons visite à une personnalité créative et inspirante. C'est notre
« bedMATE du mois ».
Le bedMATE est la pièce la plus emblématique de notre collection. Ce traversin extra long sert de
tête de lit, mais aussi de compagnon à câliner, un ami sur qui s'appuyer.
Nous nous invitons dans la chambre du « bedMATE du mois ». Nous découvrons son intérieur et ses
chambres colorées. Au fil de la conversation, nous découvrons sa manière de vivre the SUITE life. Que
se passe-t-il dans sa tête ? Où puise-t-elle son inspiration ? Et en quelle couleur
rêve-t-elle ?
Ce mois-ci, nous avons rendu visite, aux côtés de la créative polyvalente Nicole Huisman, à la designer de FRANCON, May Kaan, dans son magnifique lieu de vie et de travail en plein cœur de Rotterdam.
Nous avons rendu visite à May à Rotterdam, où tout se rassemble sous un même toit et où elle vit avec Kees Kaan, fondateur de KAAN Architecten. Avec une maison de plus de cent ans, le bureau de sa marque de mode FRANCON au sous-sol et une cage d'escalier entièrement habillée d'un imprimé graphique sur mesure, nous ne pouvions que rendre visite à May.
Comment décririez-vous votre métier / tout ce que vous faites ?
Je travaille comme consultante de marque et je dirige une agence, Avenue Concordia (www.avenueconcordia.com). Je travaille régulièrement pour des promoteurs que j'aide par exemple à concevoir une identité ou un concept pour un bâtiment, un lieu ou une ville, qui peut se traduire par une stratégie ou une réalisation visuelle. J'ai également une marque de mode, FRANCON (www.francon-editions.com), une marque de prêt-à-porter féminin inspirée de contextes architecturaux.
Qu'avez-vous fait / étudié pour en arriver là ?
J'ai étudié le stylisme à l'académie des beaux-arts Willem de Kooning (sans terminer), puis suivi une formation en mode et branding. Très vite au cours de cette formation, je suis partie vivre à Londres où j'ai suivi un cursus en Fashion forecasting & advertising. Mon plus grand rêve à l'époque était de travailler chez Yves Saint Laurent. J'avais réussi à trouver le contact du bureau de Londres, j'ai postulé et j'ai été engagée au sein de l'équipe des relations publiques. Je n'avais pas la moindre idée de ce que « relations publiques » voulait dire et, en lisant la définition sur Wikipédia la veille de l'entretien, je n'ai pas été beaucoup plus avancée. Mais j'ai trouvé que c'était un univers fascinant dans lequel évoluer et j'étais vraiment à ma place dans ce type d'industrie et de fonction. Au bout de quelques années, je suis rentrée aux Pays-Bas, j'ai eu des enfants assez jeune et j'ai commencé à travailler à mon compte comme consultante de marque, tout en réalisant des missions en direction artistique, relations publiques et événementiel. En 2021, j'ai lancé FRANCON, car la mode me manquait, et en particulier la création et le développement de produit qui m'attiraient beaucoup.
L'idée de créer FRANCON est née lorsque Kees m'a fait participer à sa façon de travailler lors d'un projet privé, la construction de notre « lake house » en Zélande. Il m'a initiée à sa façon de penser et de concevoir, à la manière d'aborder un projet, de réfléchir à notre façon d'utiliser l'espace ; il fallait faire des choix de matériaux et de teintes, comprendre comment les éléments s'articulent dans cet endroit précis.
Quand on applique cette réflexion à la mode, il est en réalité très curieux que la mode soit abordée par saisons et non par lieu et cadre de vie : où et quand on porte un vêtement, ce qu'un certain environnement nous fait ressentir. S'agit-il d'un contexte formel ou informel, par exemple, doit-on pouvoir faire du vélo avec ce vêtement, est-il facile d'entretien ou peut-il aller de temps en temps au pressing parce qu'il s'agit d'un textile fragile. C'est ainsi que nous avons commencé à développer des pièces autour d'archétypes, et plus précisément d'archétypes d'habitation. The Tower, The Lake House, The Cabin, The Chalet et The Palazzo sont les typologies qui influencent nos créations et notre pensée.
Nous produisons de façon anticyclique, ce qui nous permet de profiter des périodes généralement calmes dans les ateliers. Cela nous permet de faire fabriquer en petite série dans des ateliers et usines très haut de gamme dans le nord de l'Italie.
L'objectif final est de faciliter la vie des femmes. Notre cliente est une femme active, occupée, qui n'a pas le temps ou pas vraiment envie de consacrer une énergie folle à la mode, mais qui souhaite avoir une allure soignée, pour le travail ou sa vie privée, se sentir à l'aise et, plus encore, qui accorde de l'importance aux belles matières. Pour cette femme, nous créons des pièces de grande qualité qui traversent le temps, tant par leur qualité que par leur design.
Notre défilé dans l'atrium du Depot Boijmans Van Beuningen pendant l'Amsterdam Fashion Week a été un moment très spécial. Un superbe groupe de femmes (et un homme) portant nos créations, au milieu de tous les chefs-d'œuvre de la collection Boijmans, c'était un rêve.
Je travaille actuellement au développement d'un nouveau produit pour FRANCON qui me réjouit beaucoup, affaire à suivre. En tant que consultante, je travaille aussi sur de très beaux projets. Ces deux dernières années, j'ai par exemple conçu le livre « Hi ! » consacré à la genèse du Zalmhaven, la plus haute tour résidentielle des Pays-Bas. Le livre vient de partir à l'impression.
Nous naviguons un peu entre Rotterdam et la Zélande. La maison au bord du lac que nous avons construite est un endroit très particulier, avec beaucoup d'eau et de tranquillité : tout en douceur. Rotterdam, en revanche, incarne le travail intense et un rythme de vie effréné, ce qui me plaît tout autant. Pouvoir combiner ces deux mondes est un véritable privilège.
Pour moi, tout se passe sous un même toit. C'est une véritable maison de famille, très chaleureuse, où les portes sont toujours ouvertes, avec les allées et venues des copains des enfants ou les voisins qui passent à l'improviste. Pour moi, il est essentiel que ce soit un endroit où l'on se sente bienvenu, où l'on peut toujours s'asseoir à table. En même temps, c'est aussi mon lieu de travail, puisque mon atelier se trouve au sous-sol de notre maison. Je trouve cela très pratique pour concilier la vie professionnelle et les enfants. La maison a plus de cent ans et était bien entretenue. Les modifications que nous avons apportées relèvent uniquement d'une question de goût. Nous avons ainsi fait concevoir une cuisine sur mesure en pierre naturelle rouge foncé, et l'atelier est devenu un espace d'un blanc éclatant avec un bar en marbre vert foncé et une mini-boutique où je reçois des clientes.
J'ai réuni au fil des ans une jolie collection de boules à neige que j'aime beaucoup, provenant d'ailleurs d'endroits où je suis loin d'être toujours allée moi-même. On m'en offre beaucoup. J'ai aussi un coup de cœur pour un tableau dans le salon représentant des cartes postales suisses, et je trouve les meubles USM, dont nous possédons plusieurs exemplaires, tout simplement parfaits, tant dans leur design que dans leur utilisation.
La couleur est un sujet qui suscite de vifs débats dans notre famille : nous discutons régulièrement pour savoir si un objet est noir, bleu très foncé ou marron très foncé, ou si le pont Érasme est bleu, blanc ou gris. Je sais désormais qu'il existe de multiples nuances dans les couleurs, et c'est précisément ce qui fait leur beauté. C'est pareil pour les textiles et les fils : quand vingt nuances de bleu foncé presque indiscernables sont posées côte à côte, il y en a toujours une qui est, de loin, la plus belle.
Une couleur ne doit pas nécessairement être voyante ou vive. Rien que pour le noir, il existe des milliers de variantes ; Kees ne jure par exemple que par le RAL 8022 (un marron très foncé) pour remplacer le noir.
Quelles sont vos couleurs ou combinaisons de couleurs préférées en ce moment, et pourquoi ?
L'année dernière, nous avons ouvert un espace éphémère dans le centre de Rotterdam ; dans un grand espace brut, nous avions créé une sorte d'élément de décor dans une teinte caramel unique, associé à des tringles et des étagères en inox, complété par une très belle œuvre en aluminium de ma belle-sœur Saskia Van Imhoff : je trouve que c'est une excellente association, le caramel et l'aluminium. :)
Rétrospectivement, nous aurions mieux fait de ne pas poser de moquette blanche dans toute la cage d'escalier et le couloir. Au moment de ce choix, nous ne savions pas encore que quelques mois plus tard, un chiot ferait son entrée et adorerait s'y rouler dès son retour de la forêt. Résultat : beaucoup de nettoyages en profondeur.
Dans la collection SUITE702, j'ai choisi la couleur Blush, c'est tellement agréable de se glisser chaque soir dans un nuage rose.
Je pense que nous passons le plus clair de notre temps dans la cuisine, c'est là que tout le monde se retrouve. On y trouve une table d'un mètre cinquante sur trois mètres, assez grande diriez-vous, mais pour une raison ou une autre, elle est chaque jour entièrement recouverte d'une montagne de devoirs et d'activités créatives. Mais chaque soir, elle doit être débarrassée, c'est la règle.